Sites naturels protégés par le CEN

Le CEN Occitanie gère plus de 31 000 hectares d'espaces naturels, semi-naturels ou agricoles dans la région, nous vous en présentons quelques uns.

Sites naturels protégés par le CEN

 

Sites naturels protégés par le CEN

La mission de protection de milieux naturels passe par l’acquisition de sites ou le conventionnement avec des propriétaires publics ou privés pour leur gestion durable. Il s’agit également de mener des actions plus transversales, comme les plans nationaux d’actions qui permettent d’agir pour la conservation d’espèces menacées ou encore la signature d’obligations réelles environnementales (ORE).

La gestion des sites naturels ou semi-naturels est la raison d’être originelle d’un CEN. Cette mission est fondée sur la maîtrise foncière ou d’usage de sites de façon à en assurer une gestion favorable aux enjeux naturels préalablement identifiés. Une connaissance fine des territoires, des acteurs, des histoires locales et des usages est ici essentielle pour garantir la pertinence et la durabilité de ces actions.

Les Conservatoires d’espaces naturels étant inscrits dans la loi française et cités dans le décret de protection forte, tous les sites que nous gérons peuvent être considérés comme « protégés » ou amenés à l’être.

Le CEN Occitanie en chiffres

+ de 0 ha
d’espaces naturels gérés sur plus de 370 sites dans la région
0 ha
en propriété ou emphytéose ; animation de 6 plans nationaux d’action
0
plans nationaux d’action
0 données
collectées pour le Règle Animal
0 données
collectées pour la Flore, la Fonge et les Habitats

Dans un réseau national

0 Sites
dont 1 600 ouverts au public
0 Millions
de visiteurs par an
0
Salariés
+ de 0
Adhérents
0
Conservateurs bénévoles
0
administrateurs et membres de Conseils et Scientifiques

Les milieux naturels sur lesquels
le CEN Occitanie travaille

Le Conservatoire d’espaces naturels intervient sur des milieux très diversifiés et selon une stratégie précise qui prend en compte une multitude de critères : enjeux de préservation de la biodiversité présente, état de conservation, évolution, contexte, usages, territoire, etc.

Depuis les zones humides littorales jusqu’aux espaces montagneux en passant par les forêts, les garrigues, les tourbières, les mares, les prairies, les pelouses sèches, etc.

Suivez-nous à la découverte de certains de ces écosystèmes exceptionnels

Crédits photos de haut en bas et de gauche à droite : Littoral Pierre Blanche ©Xavier Rufray | Prairie en bon état de conservation ©Jérome Robin CEN Occitanie | Garrigue ©Thomas Gendre | Tourbière de Canroute ©Lucas Santucci Agence Zeppelin | Lucane cerf-volant, Lucanus cervus ©Nicolas Gouix CEN Occitanie | Vieille forêt ©Nicolas Gouix CEN Occitanie | Pelouses sèches avec la Stipe à tige laineuse, Stipa eriocaulis ©Lucas Santucci Agence Zeppelin | Mare temporaire ©CEN Occitanie

Les forêts, zone de refuge et de biodiversité mais pas que !

Les forêts sont d’excellents puits de carbone, elles représentent, derrière les océans, le 2ème plus grand puits de carbone. Elles améliorent considérablement la qualité de l’air et de l’eau. En effet, elles filtrent les poussières et les pollutions microbiennes et préviennent l’érosion des sols car elles régulent le cycle des eaux de pluie. De nombreuses espèces végétales et animales vivent dans les forêts et sont dépendantes de leur bon état de conservation. Ce dernier peut être assuré  par l’entretien des zones humides, la conservation d’arbres morts, la création de réserves biologiques et la gestion des zones Natura 2000 pour donner quelques exemples. Mais les forêts représentent également des contributions économiques et sociales importantes : la production de bois, devenue une filière importante qui représente des centaines de milliers d’emplois. Désormais, le bois est souvent produit dans le respect de l’accroissement naturel des forêts, et agit ainsi au service d’une économie locale et au maintien et à la création d’emplois ruraux non délocalisables. Les loisirs sportifs et récréatifs (balades, cueillette, etc.) participent également au bien-être de la société.

Le CEN Occitanie s’intéresse plus particulièrement aux « vieilles forêts » écrins de nature dans notre région ! Le CEN a notamment acquis récemment une parcelle du Bois de Pinsois, en Haute-Garonne, qui abrite entre autres trésors, une population d’un coléoptère en danger d’extinction en Europe.

L’emblématique garrigue méditerranéenne

Les côtes et arrières-pays méditerranéens comprennent une part très importante d’espaces naturels représentés par les zones humides comme les lagunes ainsi que les espaces ouverts thermophiles typiquement méditerranéens tels que les garrigues. Les garrigues sont principalement composées de plateaux calcaires d’une altitude moyenne, ponctuées de collines et de bassins marneux. Les garrigues offrent des végétations diverses et une couverture du sol qui varie de la terre sèche, au gravier, à la pierre en vrac ou même au pavé de calcaire solide. Elles sont de nos jours peuplées de vignes, de vergers et d’oliveraies, et sont un lieu de pâturage pour les moutons. Les sommets les plus connus des garrigues sont le Mont Bouquet et le Pic Saint-Loup.

Le CEN Occitanie a notamment accompagné le déploiement d’un élevage de brebis favorable à la biodiversité sur les garrigues de la Lauze dans l’Hérault.

Les tourbières : des espaces sensibles

Les tourbières sont des zones humides aux écosystèmes uniques. Leur sol, constitué de tourbe, est une véritable roche végétale fossile. Cette tourbe résulte d’une accumulation de matières organiques, dont la sphaigne est la première composante : formidable réservoir d’eau, cette sphaigne est capable de retenir dix fois sa masse en eau ! Les tourbières sont donc essentielles dans le stockage, la purification et le cycle de l’eau. Elles abritent des espèces inféodées à ce milieu telles que la Droséra à feuilles rondes, Drosera rotundifolia, petite plante carnivore ; le Campagnol amphibie, Arvicola sapidus, espèce protégée ou encore la Coronelle lisse, Coronella austriaca, de l’ordre des serpents. Les tourbières sont à l’étude et leur préservation est menacée par le réchauffement climatique. Par exemple, la tourbière de Canroute dans le Tarn, gérée par le CEN Occitanie, est un véritable site vitrine : exemple de milieu à préserver afin de conserver son rôle purificateur de l’air et de l’eau, de captation de carbone et de réservoir de biodiversité.

L’importance des prairies pour la biodiversité

Les prairies jouent un rôle de refuge mais aussi de passage pour la biodiversité (lieu de vie des papillons et des criquets, passage pour les cerfs, etc.). Leur bon état de conservation influe donc sur différents types d’espèces et d’habitats. La prairie est un milieu dit « ouvert », c’est-à-dire qu’il n’est pas ponctué d’arbres qui pourraient empêcher les rayons du soleil d’atteindre le sol. Ce milieu ouvert permet à une multitude d’espèces de flore de pousser, comme l’orchidée à fleurs lâches, Anacamptis laxiflora ou encore la Jacinthe de Rome, Bellavia romana. Elle permet également à la faune de se déplacer, de se nourrir ou encore de se reproduire. En effet, par la présence de la flore, la prairie offre un lieu de vie exceptionnel pour de nombreux insectes, en répondant à leurs besoins primaires. En contrepartie, ces insectes serviront ensuite à disséminer le pollen récupéré sur les fleurs dans l’environnement et plus particulièrement sur les cultures agricoles.

Les pelouses sèches !

On pourrait les prendre pour de simples friches, mais les pelouses sèches abritent des milieux riches en faune et flore et possèdent un rôle paysager important. Ce sont des milieux dits ouverts, composés en majeure partie de plantes herbacées (pas d’arbres ni de haies). Elles sont souvent situées dans des zones difficiles d’accès, en pente avec des sols pauvres. La dimininution du pastoralisme et la généralisation de l’agriculture intensive ont laissé à l’abandon ces milieux, qui se ferment petit à petit avec l’arrivée de plantes plus grandes en hauteur comme des arbres.

Une plante caractéristique des pelouses sèches est la 𝑆𝑡𝑖𝑝𝑎 𝑒𝑟𝑖𝑜𝑐𝑎𝑢𝑙𝑖𝑠, ou plus connue sous le nom Stipe à tige laineuse, présente notamment dans le Lot, près de Sauliac-sur-Célé.

Les mares temporaires méditerranéennes : un refuge à biodiversité !

Les mares temporaires méditerranéennes représentent un enjeu primordial en termes de biodiversité. Du fait de leur situation géographique, elle passe d’une phase inondée au cours des saisons plus fraîches à une phase sèche, essentiellement en été. Les mares temporaires méditerranéennes abritent une flore et une faune riche, en particulier des invertébrés et des amphibiens. Ces espèces sont adaptées aux assèchements annuels et aux fluctuations hydrologiques inter-annuelles. Elles ont développé des caractéristiques permettant de survivre à ce milieu, comme la résistance au stress, aux températures et aux différentes perturbations. L’assèchement annuel joue donc un rôle fondamental dans le fonctionnement de ce type d’écosystème.

Cap sur le littoral

En Occitanie, le littoral méditerranéen est partagé entre 4 départements et représente 215 km de côtes ouvertes sur le golfe du lion, 40 000 hectares de lagunes et de zones humides, une aire marine de 14 000 km² dont le tiers est protégé comme parc naturel marin, réserve naturelle ou zone Natura 2000. Le paysage se compose d’une mosaïque de paysages variés, des côtes rocheuses des Albères aux vastes étendues camarguaises du Gard, une multitude d’espèces et d’habitats remarquables se retrouvent sur le littoral. La région dispose d’un environnement marin et d’une nature sauvage exceptionnels. Le littoral méditerranéen est également le lieu de passage, de repos et de vie de milliers d’oiseaux, il constitue à lui-même une réserve ornithologique impressionnante. Le CEN Occitanie s’engage ainsi depuis des années à la préservation de ce milieu, en partenariat avec le Conservatoire du Littoral.

Pour aller plus loin

Zoom sur les espaces réglementaires ou contractuels

 

En complément de l’action du CEN Occitanie, certains sites que nous gérons bénéficient eux-mêmes d’une protection réglementaire ou contractuelle plus ou moins stricte selon la richesse et la fragilité de la biodiversité qu’ils abritent.

Le CEN Occitanie participe ainsi à la gestion des Réserves naturelles, des sites naturels protégés du Conservatoire du littoral, des sites appartenant à des Parcs nationaux, etc.

D’autres outils sous tendent une approche contractuelle, c’est le cas du réseau européen Natura 2000 par exemple. Le CEN Occitanie gère également de nombreux  « espaces naturels sensibles » des départements.

On vous en parle…

Les Réserves Naturelles Nationales

Une Réserve Naturelle Nationale (RNN) est un outil de protection à long terme d‘espaces, d’espèces et d’objets géologiques rares ou caractéristiques, ainsi que de milieux naturels fonctionnels et représentatifs de la diversité biologique en France. Les sites gérés sont soustraits à toute intervention artificielle susceptible de les dégrader mais peuvent faire l’objet de mesures de réhabilitation écologique ou de gestion en fonction des objectifs de conservation. Les missions d’une RNN sont de protéger, de gérer et de valoriser le patrimoine naturel.

Les RNN sont gérées par un établissement public, une collectivité territoriale ou une association. Le CEN Occitanie gère la Réserve Naturelle Nationale de l’Estagnol dans l’Hérault, avec l’Office Français de la Biodiversité. L' »Estanhol » en occitan, signifie Petit étang. Cette réserve n’est pas ouverte au public en dehors des animations que nous organisons. Suivez nos RDV Nature !

La France compte près de 170 RNN sur plus de 170 millions d’hectares (dont 67 en outre mer).

 Réserve Naturelle Nationale de l’Estagnol (34) © CEN Occitanie

A gauche et photo de groupe : Réserve Naturelle Régionale des Gorges du Gardon (30) ; en haut à droite : Réserve Naturelle Régionale d’Aulon (65) ©Loyann Boy CEN Occitanie

 

Les Réserves Naturelles Régionales

Les Réserves Naturelles Régionales (RNR) présentent les mêmes caractéristiques de gestion que les RNN, à ceci près qu’elles sont créées par les Régions. Elles constituent aujourd’hui à la fois un vecteur des stratégies régionales en faveur de la biodiversité et un outil de valorisation des territoires.

Comme les réserves naturelles nationales et de Corse, les réserves naturelles régionales présentent l’intérêt d’instituer une réglementation « à la carte », adaptée aux besoins de protection de chaque espace naturel. Elles visent principalement à préserver des sites riches en biodiversité. A ce titre, elles constituent des pièces maîtresses dans les schémas régionaux de protection de la nature, et feront partie des « réservoirs de biodiversité » de la future trame verte nationale.

Contrairement aux RNN, les RNR ont une durée limitée qui est renouvelable et certaines activités ne peuvent pas être réglementées (la chasse, la pêche, l’extraction de matériaux par exemple).

Le CEN Occitanie est co-gestionnaire de la Réserve Naturelle Régionale des Gorges du Gardon avec la commune de Sanilhac-Sagriès dans le Gard, ainsi que la Réserve Naturelle Régionale d’Aulon dans les Hautes-Pyrénées avec la Commune d’Aulon et l’Association la frênette.

En France, on compte aujourd’hui plus de 180 RNR pour une superficie de plus de 41 500 hectares.

Le Réseau européen Natura 2000

Le réseau Natura 2000, constitué d’un ensemble de sites naturels, terrestres et marins, vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés, à forts enjeux de conservation en Europe. L’objectif de la démarche européenne, fondée sur les directives Oiseaux et Habitats faune flore, est double :

La préservation de la diversité biologique et du patrimoine naturel

Le maintien ou le rétablissement du bon état de conservation des habitats et des espèces s’appuie sur le développement de leur connaissance ainsi que sur la mise en place de mesures de gestion au sein d’aires géographiques spécialement identifiées, les sites Natura 2000. Le maillage de sites s’étend sur tout le territoire de l’Union européenne pour une politique cohérente de préservation des espèces et des habitats naturels ;

La prise en compte des exigences économiques, sociales et culturelles, ainsi que des particularités régionales

Les projets d’aménagements ou les activités humaines ne sont pas exclus dans les sites Natura 2000, sous réserve qu’ils soient compatibles avec les objectifs de conservation des habitats et des espèces qui ont justifié la désignation des sites.

La France s’est attachée à valoriser le patrimoine naturel des territoires en encourageant la prise de conscience collective des enjeux écologiques dans les gouvernances des territoires. Il s’agit notamment d’articuler les différentes politiques et dispositifs de gestion des territoires en tenant compte du rôle et de la responsabilité des acteurs, à travers des actions de concertation ou de partenariat. La sensibilisation et l’éducation du grand public aux enjeux de la biodiversité tient une place essentielle. La dynamique d’un tel réseau nécessite une animation soutenue des réseaux d’acteurs, favorisant les échanges et les bonnes pratiques.

Le CEN Occitanie travaille sur de très nombreux sites Natura 2000 dans toute la région qui en accueille environ 300 en particulier dans les zones de littoral et de montagne.

Aujourd'hui, en France, le réseau Natura 2000 représente

Les Espaces Naturels Sensibles (ENS)

Les espaces naturels sensibles (ENS) visent à préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux et habitats naturels ainsi que les champs naturels d’expansion des crues. Plus juridiquement, un espace naturel sensible est un espace « dont le caractère naturel est menacé et rendu vulnérable, actuellement ou potentiellement, soit en raison de la pression urbaine ou du développement des activités économiques ou de loisirs, soit en raison d’un intérêt particulier eu égard à la qualité du site ou aux caractéristiques des espèces végétales ou animales qui s’y trouvent ».

Créés par les départements, les ENS sont un outil de protection des espaces naturels par leur acquisition foncière ou par la signature de conventions avec les propriétaires privés ou publics mis en place dans le droit français et régis par le code de l’urbanisme. Ils permettent également d’élaborer et de mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d’ouverture au public de ces espaces naturels.

Pour citer quelques exemples, le CEN Occitanie est gestionnaire de l’ENS Solamoure dans la Haute-Garonne ainsi que l’ENS La Fajolle dans l’Aude.